7 façons concrètes de lutter contre le fascisme (sans vous épuiser)

The Origami Customs team at a protest with txt that says, "7 actionable ways to fight fascism without burning out"

Nous vivons une période où rester pleinement présent demande un véritable effort. La plupart d'entre nous portons simultanément le fardeau de la peur, de la fatigue, de la colère et du chagrin. Nous assistons à l'érosion progressive de nos droits chèrement acquis, jour après jour, à l'escalade des attaques contre les personnes trans et queer, à la violence d'État sans cesse justifiée par des politiques publiques, et à une pression économique telle que même le repos devient une source d'inquiétude.

L'actualité ne s'arrête jamais, et les demandes de réaction non plus. Se tenir informé est épuisant, mais rester passif semble contraire à l'éthique. Les enjeux sont considérables, l'urgence est constante, et on a parfois l'impression que le sol se dérobe sous nos pieds avant même qu'on ait eu le temps de réagir.

Origami Customs team sitting around a table

Leçons d'activisme sur lesquelles nous nous concentrons actuellement

D'habitude, nous essayons d'alterner nos articles politiques avec des contenus plus légers. Mais ces dernières semaines, nous avions vraiment envie d'écrire des choses utiles et concrètes. Alors, nous avons commencé par nos fondements :

Blog 1: Le repos est essentiel.

La stratégie actuelle consiste à nous submerger et à nous épuiser, et ça marche. On voit des gens sombrer dans le burn-out en chaîne. Le repos est essentiel, et on ne peut rien faire quand on est à bout de forces. Assurez-vous de faire des pauses, de prendre soin de vous et de trouver de la joie là où vous le pouvez.

Blog 2: Organisez-vous localement.

Nous ne nous contentons pas de prendre soin de nous-mêmes ; nous devons nous organiser en communautés. Nous avons craqué. « La théorie des capsules » de Mia Mingus Nous vous proposons des solutions concrètes pour créer des réseaux locaux qui vous apporteront soutien et sécurité. Ces « pods », petits réseaux de confiance d’entraide et de soutien, permettent aux personnes de traverser des situations d’urgence prolongées et d’en ressortir plus fortes, en préservant leur humanité.

Nous y voilà. Car prendre soin de soi et tisser des liens locaux ne sont pas une fin en soi, mais le fondement sur lequel nous construisons.

C’est généralement à ce moment-là que la question surgit, discrètement ou à voix haute :
D'accord, mais concrètement, que dois-je faire ?

Voici donc quelques enseignements tirés des échanges avec les militants de terrain sur ce qui fonctionne et comment nous pouvons tous les soutenir. Si vous observez d'autres idées et solutions concrètes dans vos communautés locales, n'hésitez pas à les partager dans les commentaires. C'est à ce stade que nous devons tisser des liens et agir ensemble.

CEO Rae in a store with a community partner

Solution 1 : L'entraide est le pilier de la résistance

L'entraide est souvent perçue comme une activité à entreprendre après le « vrai travail », un geste de générosité réservé aux moments de calme ou de prospérité. Elle est considérée comme un effort émotionnel, du bénévolat ou de la bienveillance, plutôt que comme une stratégie de survie. Cette vision a tendance à la reléguer au second plan, surtout lorsque les difficultés se présentent.

Mais en réalité, l'entraide est le recours privilégié lorsque les institutions nous abandonnent ou nous nuisent activement. La considérer comme facultative revient à occulter à quel point notre survie collective en dépend déjà. Car soyons honnêtes : nos institutions nous font constamment défaut. Heureusement, il existe tant de personnes bienveillantes qui souhaitent réellement soutenir leur communauté.

Qu'est-ce que l'entraide ?

La charité est unilatérale et préserve le pouvoir. L'entraide, elle, est transversale. Elle repose sur la conviction que nous prenons soin les uns des autres car les systèmes sur lesquels on nous incite à compter n'ont jamais été conçus pour garantir la sécurité de tous.Son objectif est de donner aux gens un accès immédiat à ce dont ils ont besoin pour survivre, sans tests moraux, sans paperasserie ni délais d'attente qui coûtent des vies.

L'entraide se traduit par des actions concrètes, au moment et à l'endroit opportuns. Par exemple, l'organisation de la distribution de nourriture, de médicaments et de produits de première nécessité lorsque les prix flambent ou que l'accès est impossible. C'est aussi la solidarité entre voisins qui prennent des nouvelles les uns des autres lorsqu'il n'est plus sûr de sortir de chez soi. Cela inclut le covoiturage aux rendez-vous médicaux, la garde d'enfants en cas d'urgence, l'aide au logement et les transferts d'argent discrets qui comblent les lacunes qu'aucune institution ne prend en charge.

Il semble également s'agir d'un soutien d'urgence pour les personnes actuellement ciblées : les immigrants confrontés à un renforcement des mesures de répression, les personnes transgenres qui rencontrent des obstacles en matière de soins de santé et font face à l'hostilité du public, les jeunes LGBTQ+ chassés de leurs foyers et de leurs écoles, et les personnes âgées isolées, démunies et souvent oubliées.

Façons de participer à l'entraide

  • Rejoignez ou soutenez un groupe d'entraide local qui distribue de la nourriture, des médicaments, des fournitures ou des fonds d'urgence.

  • Prenez des nouvelles de vos voisins isolés, immunodéprimés, âgés ou qui ont peur de quitter leur domicile.

  • Partagez directement des ressources (transport, courses, garde d'enfants, logements, argent, etc.) sans intermédiaires ni conditions.

  • Compétences bénévoles que vous possédez déjà : organisation, aide administrative, traduction, assistance technique, couture, cuisine ou logistique

  • Contribuez à coordonner une intervention rapide pour soutenir les personnes ciblées, notamment les personnes transgenres, les immigrants, les jeunes LGBTQ+ et les membres de la communauté sans papiers.

  • Contribuez aux fonds de caution, aux fonds médicaux, aux fonds de soins d'affirmation de genre ou aux fonds d'urgence communautaires

  • Proposez un espace, qu'il s'agisse d'une chambre libre, d'un lieu de réunion, d'un placard de rangement ou d'un endroit calme pour atterrir.

  • Contribuez à créer ou à maintenir des espaces sûrs et des centres de ressources où les gens peuvent accéder à ce dont ils ont besoin sans être surveillés.

  • Amplifiez les demandes d'aide et les listes de ressources au sein de vos réseaux pour accélérer le processus de soutien.

  • Demandez à votre communauté ce dont elle a réellement besoin, puis écoutez-la et répondez-lui.

L'entraide est essentielle car elle répond à la réalité du moment et va à la rencontre des personnes là où elles se trouvent réellement, et non là où les systèmes voudraient qu'elles soient. Elle instaure la sécurité en temps réel, rétablit la confiance là où les institutions ont failli et nous rappelle que la survie est une affaire collective. Dans des moments comme celui-ci, où le danger se propage plus vite que les politiques et où l'aide est au mieux inégale, l'entraide est ce qui permet aux gens de survivre et de rester unis.

Si vous souhaitez trouver des institutions dans votre région auprès desquelles vous pouvez obtenir du soutien ou de l'aide, veuillez consulter nos listes de ressources exhaustives recensant les groupes communautaires trans et queer.

Ressources trans et queer aux États-Unis

Ressources trans et queer pour le Canada

Image of the Origami Customs team at a protest with signs that say, "protect trans kids" and "free Palestine."

Solution n° 2 : L'action locale et directe est essentielle

Quand les choses paraissent si importantes, il est facile de rester bloqué à contempler la situation nationale. Décrets présidentiels. Décisions de justice. Élections qui semblent lointaines, opaques et largement hors de notre contrôle. L'ampleur même de la situation peut être paralysante.

Mais le fascisme ne se propage pas seulement d'en haut. Il s'enracine localement. Et cela signifie que la résistance peut aussi exister. L'action locale est importante car elle est concrète et plus difficile à effacer.Lorsque vous organisez votre lieu de vie au lieu de crier dans le vide, vous façonnez les conditions de votre propre vie quotidienne et de celle des personnes qui vous entourent.

Pourquoi l'action locale est si puissante

Les actions locales sont plus difficiles à réprimer car elles sont décentralisées. Il n'y a pas de leader unique à faire taire, ni de bouton magique pour les faire disparaître. Lorsque les gens agissent à l'échelle des quartiers, des lieux de travail, des écoles et des réseaux d'entraide, le pouvoir se diffuse, ce qui le rend plus résilient.

L'action locale est aussi plus facile à pérenniser. Nul besoin d'adrénaline constante ni d'un élan viral pour s'engager dans une cause qui fait partie intégrante de votre quotidien. Et surtout, l'action locale a un impact direct sur la réalité quotidienne des gens. Elle transforme la peur en mouvement et l'isolement en présence collective.

Des moyens concrets d'agir localement et directement

L'action directe ne se manifeste pas de la même manière partout, et c'est normal. L'important est de choisir des actions adaptées à vos capacités, à votre sécurité et à votre contexte.

Voici quelques exemples :

  • Participer à des grèves, des débrayages, des sit-in ou des boycotts lorsque cela est sûr et stratégique.

  • Boycotter les entreprises et les organisations qui financent, font du lobbying ou permettent activement des actes malveillants autoritaires et fascistes

  • Supprimer la propagande fasciste ou haineuse des espaces publics et la remplacer par des messages de bienveillance, de résistance et de solidarité.

  • Se mobiliser pour défendre les espaces publics et les personnes touchées par le biais de rassemblements, de veillées, de manifestations et de réunions communautaires.

  • Soutenez les travailleurs, les étudiants ou les organisateurs de votre région qui mènent déjà des actions, plutôt que de réinventer la roue.

Ces actions n'ont pas besoin d'être spectaculaires pour être efficaces. Il suffit qu'elles soient cohérentes et coordonnées.

La sécurité et la stratégie comptent

Ce travail ne doit pas être effectué seul. L'action directe est plus sûre et plus efficace lorsqu'elle est menée avec votre soutien. capsules, et agir ensemble permet de partager les risques, de veiller les uns sur les autres et de réagir si la situation s'aggrave.

La collaboration est essentielle. L'organisation l'est tout autant. Il est important de savoir pourquoi on s'engage et comment cela contribuera, quels rôles chacun assume et quel est le plan d'action en cas de problème. Il n'existe pas de méthode unique pour résister. Mais il existe des formes de résistance durables, et l'action locale nous permet d'avancer sans nous épuiser ni nous perdre dans l'abstraction.

Two people in a Pride march holding hands

Solution n° 3 : La pression politique compte toujours (surtout au niveau local)

Il est compréhensible que le mot « politique » vous donne envie de tout abandonner. Nombre de nos institutions nous ont déçus. Beaucoup nous nuisent activement. Et trop souvent, la participation est présentée comme une question de foi : patience, attendez votre tour, « contre-pouvoirs », etc.

Ce n'est pas de cela dont il est question ici. L'engagement politique ne consiste pas à croire que les institutions sont bonnes. Il s'agit de se rappeler que le pouvoir circule toujours à travers elles et que la pression peut modifier la façon dont ce pouvoir est utilisé, notamment au niveau local.

Responsabiliser les dirigeants

Les élus ne sont pas des monarques. Ce sont des fonctionnaires. Ils travaillent pour le public, qu'ils en aient l'air ou non. Téléphoner, envoyer des courriels, assister aux réunions publiques, signer des lettres collectives : ce ne sont pas des gestes vains. Ils constituent des archives. Ils obligent à clarifier les positions. Ils rendent plus difficile l'action clandestine.

Les témoignages personnels sont essentiels. Les données sont faciles à ignorer, mais l'expérience vécue est plus difficile à ignorer. Lorsque les élus entendent directement les personnes affectées par leurs décisions (personnes transgenres, immigrants, parents, travailleurs, aînés, etc.), il devient plus difficile de prétendre que ces préjudices sont abstraits ou théoriques. Expliquez clairement à vos élus comment leurs décisions vous nuisent, à vous et à votre communauté, avec honnêteté, clarté et persévérance. La pression est efficace lorsqu'elle est maintenue.

Moyens concrets d'exercer une pression politique

Il n'est pas nécessaire d'adopter des mesures spectaculaires pour faire pression. De petites actions régulières au niveau local peuvent avoir un impact. Voici des moyens concrets de demander des comptes aux personnes au pouvoir dès maintenant :

  • Appelez ou envoyez régulièrement des courriels à vos représentants locaux, étatiques et fédéraux, et pas seulement une fois.

  • Assistez aux réunions publiques, aux séances du conseil municipal et aux réunions du conseil scolaire pour poser des questions publiques et officielles.

  • Soumettez vos commentaires écrits lors des consultations publiques et encouragez les autres à faire de même.

  • Partagez des témoignages personnels qui illustrent l'impact réel des politiques sur votre vie et votre communauté.

  • Signez et contribuez à la diffusion de lettres collectives, de pétitions et de déclarations ouvertes.

  • Demandez des réunions collectives avec les représentants ou leurs collaborateurs, et non individuellement.

  • Apporter un soutien ou une défense aux élus locaux, aux enseignants, aux bibliothécaires et aux professionnels de santé victimes de harcèlement ou de représailles.

  • Devenez agent électoral ou apportez un soutien matériel et moral aux agents électoraux.

  • Suivez les votes de vos représentants et communiquez ces informations au sein de vos réseaux.

  • Exercer des pressions économiques par le biais de boycotts coordonnés ou de campagnes de désinvestissement liées à des demandes spécifiques

  • Soutenir les candidats et les initiatives locales en matière de réduction des risques et de protection, par du temps, des compétences ou des fonds.

  • Documentez et contestez publiquement la désinformation, les propositions discriminatoires ou les abus de procédure dès qu'ils surviennent.

Pourquoi la pression politique compte encore

C’est grâce à la pression politique locale que les politiques de sanctuaires sont adoptées. C’est ainsi que les conseils scolaires sont interpellés. C’est ainsi que l’accès aux soins de santé est protégé ou élargi. Ces victoires peuvent paraître modestes, mais elles instaurent une sécurité réelle et concrète pour les personnes déjà vulnérables.

La responsabilisation ne suffit pas à elle seule à enrayer l'autoritarisme. Mais elle le ralentit. Elle crée des tensions. Elle nous permet de gagner du temps. Et dans des moments comme celui-ci, le temps est précieux. Appliquée localement, collectivement et avec persévérance, elle demeure l'un des outils dont nous disposons pour nous protéger mutuellement tout en construisant l'avenir.

CEO Rae talking to someone

Solution n° 4 : Lutter contre la désinformation

Nous savons pertinemment que le combat ne se limite plus aux rues, mais se joue aussi contre la gigantesque machine de propagande. L'espace numérique est devenu un champ de bataille, et la manière dont nous gérons l'information est cruciale. La tâche peut sembler insurmontable, car nous luttons contre une campagne de désinformation qui brasse des milliards de dollars.

Malheureusement, nous ne disposons pas de milliards de dollars pour promouvoir la compréhension et la bienveillance, mais nous pouvons commencer par agir dans les sphères qui font partie intégrante de nos vies. Nombre de nos proches, amis, famille ou collègues, peuvent adhérer à certains discours néfastes qui encouragent les préjugés et des politiques préjudiciables.

Comment avoir une conversation sur la désinformation

Engager des conversations ouvertes et bienveillantes avec votre entourage (si cela ne présente aucun danger et si vous êtes capable de le faire avec compassion) est un excellent point de départ. Voici quelques conseils pour mener une conversation afin de lutter contre la désinformation :

1. Vérifier d'abord- Avant d'entamer la conversation, assurez-vous d'abord de comprendre en quoi et pourquoi l'information est fausse. sites de vérification des faits.

2. Choisissez un espace sûr. Parlez-en en privé (et idéalement en personne) pour que votre proche se sente en sécurité et non acculé.

3. Écoutez et posez des questions. Comprenez pourquoi ils le croient avant de proposer des corrections.

4. Faire preuve d'empathie en premier lieu. Pour instaurer un climat de confiance, dites des choses comme : « Je comprends pourquoi cela vous inquiète » ou « Je comprends votre point de vue ».

5. Partagez des sources crédibles. Démontrez avec tact pourquoi une source est fiable, comment vous avez analysé la question de manière critique et à quoi faire attention dans toute information.

6. Évitez de faire honte. Concentrez-vous sur l'information, pas sur la personne. Le ridicule met fin à la conversation.

7. Encourager la pensée critique Demandez-leur : « Qui est la source ? Comment cela peut-il être vérifié ? » pour les aider à évaluer par eux-mêmes.

8. Sois patient- Les convictions ne changent pas du jour au lendemain. Restez ouvert à de futures discussions.

Surveillez votre propre comportement en ligne

Il est très facile de se laisser entraîner dans des querelles en ligne. Mais il n'est pas nécessaire de dénoncer systématiquement les mensonges à grands cris. Partagez les informations vérifiées avec discernement, dans des espaces où elles atteindront réellement les personnes concernées. Corrigez les fausses informations lorsque c'est pertinent et constructif, par exemple lors de conversations avec des amis, sur des plateformes communautaires de confiance ou via des publications sur les réseaux sociaux qui privilégient la clarté à la confrontation. L'objectif n'est pas de gagner tous les débats, mais de freiner la propagation des mensonges et de maintenir la vérité en circulation.

Réagir à chaque provocation, à chaque troll et à chaque tentative de propagande ne fait qu'alimenter le système. L'indignation peut être addictive, mais ce n'est pas une stratégie. Agissez plutôt avec méthode, préservez votre énergie et concentrez-vous sur les actions qui favorisent réellement un dialogue constructif et une résistance à la propagande.

One of the Origami team members smiling and painting protest signs

Solution n° 5 : Ne réagissez pas, organisez-vous

Il est facile de se sentir obligé de réagir immédiatement à chaque provocation, chaque message haineux, chaque information scandaleuse. Mais voici la dure réalité : la réactivité alimente le fascisme. En cédant à chaque provocation, nous gaspillons notre énergie à semer le chaos, nous donnons plus de poids aux voix que nous combattons et nous fragmentons les mouvements capables de freiner l’ascension autoritaire.

La réactivité est précisément le fondement du fascisme. Chaque indignation, chaque polémique virale, chaque publication impulsive devient un outil pour ceux qui veulent nous diviser. Lorsque nous réagissons avec colère ou panique, nous leur offrons le pouvoir et notre énergie.

La réactivité fragmente les mouvements, détourne l'attention des objectifs stratégiques et permet aux forces autoritaires de nous dépeindre comme chaotiques ou déraisonnables. La solution n'est pas d'ignorer l'injustice, mais d'agir de manière délibérée et coordonnée, ancrée dans la communauté et un but commun, afin de faire bouger les choses sans alimenter le système.

Voici donc ce que cela signifie pour nous maintenant : concentrons-nous sur l’objectif essentiel : vaincre l’autoritarisme. Les désaccords sur les tactiques, les priorités ou la communication sont inévitables. Mais laisser ces désaccords fragmenter votre communauté est fatal.

Le mouvement dont nous avons besoin est large, démocratique et rassemble des personnes de toutes origines, classes sociales et milieux, unies pour lutter contre l'autoritarisme. C'est ce type de discipline stratégique qui transforme la colère en action.

En clair, cela signifie que nous revenons à nos premières solutions concrètes lorsque nous commençons à nous diviser, à nous déchirer ou à nous en prendre aux trolls sur Internet :

  • Nous veillons à prendre soin de notre santé mentale et de notre sécurité physique.

  • Nous nous organisons avec nos groupes locaux et nous nous soutenons mutuellement de manière concrète.

  • Nous offrons une entraide mutuelle de toutes les manières possibles.

  • Nous agissons au niveau local et directement

  • Nous exerçons des pressions politiques

  • Nous œuvrons avec compassion pour lutter contre la désinformation

  • Et nous nous efforçons avec compassion d'établir des liens avec compréhension et bienveillance avec les personnes qui ont des stratégies de résistance différentes.

Rae kissing their partner holding a protest sign, leaning on a cop car

Solution n° 6 : La cohérence ciblée est essentielle

L'histoire nous confirme sans cesse une même vérité : les victoires sont fragiles si l'on ne maintient pas ses efforts. De tout temps, le progrès a été conquis grâce à la mobilisation des populations, mais il a ensuite été perdu faute d'attention, de divisions et d'efficacité des programmes destinés à l'émancipation des communautés, faute de soutien.

Les États-Unis ont déjà connu une guerre civile pour lutter contre le racisme et abolir l'esclavage des Afro-Américains. Cette guerre a été « gagnée », et pendant Reconstruction, Une large coalition de communautés noires, d'abolitionnistes et de républicains radicaux a brièvement remodelé la société, avec une forte impulsion vers l'égalité.

Mais le mouvement s'est effondré lorsque la solidarité et l'engagement ont faibli. Peu après une mobilisation massive, les Américains blancs et les politiciens du Nord ont détourné leur attention, considérant le problème comme « résolu ». Les esclaves affranchis ont alors subi de graves répercussions sur leur vie, marquées par des réactions hostiles et des violences qui ont considérablement dégradé leurs conditions de vie.

De même, le Mouvement pour les droits civiques Elle a permis de remporter des victoires historiques, mais elle nous a aussi légué d'importantes leçons pour aujourd'hui. La ségrégation légale a été abolie et le droit de vote étendu, mais la justice économique est restée à la traîne, engendrant de profondes inégalités en matière de logement, d'emploi et de patrimoine.

Les luttes intestines et les débats stratégiques ont parfois divisé le mouvement, démontrant que la désunion peut être aussi dangereuse que l'opposition. Le désintérêt croissant pour le mouvement a entraîné la disparition progressive de nombreux programmes susceptibles d'émanciper les communautés ; dès que l'attention s'est relâchée, ces programmes ont été abandonnés.

Nous devons nous éloigner de l'activisme motivé par le simple fait de se sentir mieux.

Ce qu'il faut retenir aujourd'hui, c'est que les mouvements doivent être organisés, constants et ne pas se contenter de capter notre attention lors de nos moments de colère. On ne peut pas se contenter de manifester quand on est en colère pour se donner bonne conscience face à un problème systémique.

Esthétique ou activisme « à la mode » Elle privilégie la visibilité et l'approbation sociale au détriment de la stratégie et des résultats, transformant l'engagement politique en une performance plutôt qu'en un outil de changement. Si une large participation peut accroître la visibilité, un activisme sans objectifs clairs, sans connaissance des politiques publiques ni suivi concret finit par affaiblir les mouvements, car les revendications deviennent vagues, faciles à rejeter et aisément récupérables par les politiciens au moyen de réformes creuses.

Moyens de créer un changement significatif à long terme

Voici donc quelques moyens de parvenir à un changement efficace et concret :

  • Définir un objectif précis
    Nommez la politique, la pratique ou la situation matérielle que vous cherchez à modifier. On ne peut obtenir ce que l'on ne peut mesurer.

  • Développer le pouvoir, pas seulement la prise de conscience
    La prise de conscience ne suffit pas à faire bouger les institutions. Ce sont les citoyens organisés, l'argent, les votes et une pression constante qui y parviennent.

  • Privilégiez la régularité à l'intensité.
    De petites actions répétées chaque semaine sont plus efficaces que de grands efforts ponctuels. Soyez présent même quand c'est ennuyeux.

  • Travaux d'ancrage locaux
    Les victoires locales sont plus rapides, plus durables et plus faciles à défendre. Commencez là où les décisions se prennent réellement.

  • Définir des rôles et des parcours clairs
    Les gens restent en poste lorsqu'ils savent ce qu'ils vont faire ensuite et qu'ils se sentent efficaces. Prévenez l'épuisement professionnel en partageant les responsabilités.

  • Investissez dans les relations
    Les mouvements survivent grâce à la confiance. Privilégiez le dialogue aux publications. Créez des groupes, des équipes et une responsabilité mutuelle.

  • Associer les revendications politiques à un soutien matériel
    Répondre aux besoins réels des populations par l'entraide tout en luttant pour un changement structurel.

  • Restez discipliné dans vos messages
    Répétez-le clairement et sans relâche. Ne laissez pas l'indignation, les luttes intestines ou les tendances faire dérailler votre stratégie. Permettez la coexistence de personnes aux stratégies ou aux centres d'intérêt différents. Tous nos points de vue et toutes nos méthodes de travail sont nécessaires.

  • Apprendre, s'adapter et documenter
    Évaluez ce qui fonctionne, ajustez vos tactiques et transmettez vos connaissances afin de ne pas perdre votre élan.

  • Protéger les organisateurs et soutenir le travail
    Normalisons le repos, la sécurité et l'entraide. Un mouvement épuisé ne peut pas gagner.

Vous n'êtes pas obligé de tout faire.

Si vous êtes arrivé jusqu'ici et que vous vous sentez dépassé, voici l'essentiel à retenir : ce moment ne vous demande pas de tout faire. Il vous demande simplement d'agir, et d'agir avec les autres, selon vos possibilités.

Choisissez une voie qui corresponde à vos capacités actuelles : entraide, action locale et directe, pression politique ou défense de l’information. Inutile de tout maîtriser. Travaillez en équipe. Faites des pauses. L’épuisement professionnel n’est pas un signe de mérite ; c’est le fondement des systèmes autoritaires.

La résistance durable, c'est quand les gens partagent la charge, se retirent quand c'est nécessaire et font confiance à quelqu'un d'autre pour prendre les devants.

Origami team laughing at a protest

Merci d'être là

Nous savons que la situation actuelle est difficile. Nous aussi, nous avons peur. Mais chez Origami Customs, nous privilégions l'entraide car nous sommes convaincus que nous sommes tous concernés, et nous faisons tout notre possible pour vous aider. Nous espérons que cet article vous aura été utile. Si vous avez des solutions efficaces que nous n'avons pas mentionnées, n'hésitez pas à poursuivre la discussion dans les commentaires.

Si vous cherchez des moyens d'aider la communauté transgenre et de genre divers en ce moment, notre programme d'entraide est là pour vous. programme communautaire Nous avons toujours besoin de votre soutien. Chaque dollar donné sert directement à offrir gratuitement des vêtements de compression d'affirmation de genre aux personnes qui y ont un accès limité.

Quelle que soit la manière dont vous vous engagez en ce moment, sachez que vous n'êtes pas seul(e). Tant de personnes formidables se battent pour la justice. Nous sommes tous concernés.


2 commentaires


  • Robyn Sabin

    Again, I can only echo the advice presented here.
    Building strong relationships within Canada and US is imperative, within and external of LGBTQAI2S Community.

    Occasionally I’m asked by Cis het guys about my being transgender, some verbatim follow Kirk’s line of approach.
    I explain, 101 history, science and sense of self, most seem satisfied and respect that I responded with discourse that isn’t a trope narrative.
    Well studied and lived experience, it isn’t always easy to articulate whilst under a microscope. But it is important if we have energy to do, anyone of us, might be that person’s only known experience of someone whom is Trans, Non Binary or Gender Queer. Obviously if the person is being disrespectful, then shut the conversation down.
    Part of transphobes matrix, isn’t that they are innately bad, it’s the propaganda and lack of critical thinking, in absence of counter points, that forms schemas.

    We don’t need to become people pleasers, but we can present our best selves and be there for one another.

    I spent way too many years in the Backcountry, so didn’t realize the graduation of unraveling events, I’m still catching up, as though I missed the beginning of class. But Community is everything, and so too is being organized.
    I think I can loosely quote Judith Butler around the nuances.
    I tried to familiarize myself with the transphobic movements authors and speakers. I don’t recommend to do so, but the initial narratives begin in an often seemingly benign paternalist question, slips quickly and insidiously expands incrementally into adjectification trope, that is pure fiction.
    The fascist movement is nothing if not, contrarian. It’s realm where human virtues have been abandoned. The first victim being ‘Truth’, and ironically branded by a man whom has little experience with it.

    I can only emphasize how important you all are, and the people that love you.
    In an atmosphere of confusion, you are living truths, you are resilient, you are talented, you are . . . extraordinary


  • Robyn Sabin

    I heartedly agree.
    I live in a small Community in central Yukon, our population fluctuates throughout the year, bringing different influences from the Lower 48s in the Summer. My Community is largely Yukon rednecks, and they are my friends and some are a bit like family. Engaging within Community, I believe, goes a long way to creating understanding. Years ago, when I was transitioning, one local asked,
    ‘How’s the transition going?’
    It threw me off as I had only spoken to immediate friends. So? I felt compelled to ask the axiom, ‘how do you know?’
    ‘Hell Robyn, everyone knows, the whole town knows.’
    We’re talking thousands of people, and you know what? Some were awkward, but most were fine and some were celebratory. Most of those whom were initially awkward, well they’d watched
    Fox News or listened to Jordan Peterson, but had never knowingly interacted with a Trans Women. I guess cause of my work, I’m seen as bit of a Last Girl, and those folks, they respected that.
    The intense propaganda assault on Trans/Non Binary and queer folks as a whole in recent years, is deplorable.

    Every time a Shapiro or a Poilievre engages in mythological adjectification of immigrants or LGBTQAI2S people, I want to see a Law suit based on Bill C9, and honing in on their stochastic terrorism.

    We have to be there for one another, and as described, we need to take some Oxygen too.

    We can engage with allies, or join ranks at so many levels:
    Library boards, council meetings, local MLAs, MPs.

    We need to take the fight up, to prove
    mr Musk wasted his money, when he paid for the President’s anti-Trans campaign.
    We, we became the Laser focus of insidious groups, whom distorted reality around us to gain power. We are the key to breaking that power, by being transparent and holding those authors accountable.
    Unified we are strong, help those that are struggling, call or message that friend you haven’t heard from for a while.
    Queer Yukon has a petition going to the House of Commons in defending Trans and Non Binary peoples right to access Gender Affirming healthcare, log on, checkout the petition. It could well save people in Alberta, and folks in NWT whom are reliant on Alberta’s GAC program.
    We’re not just individuals whom are Trans, Queer or NonBinary, we are a Nation and our chosen family extends beyond boarders. Our community is extremely multitalented and there is a lot of love.
    Take care y’all


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